Le nouveau visage de l’entrepreneur

Qu’est-ce que c’est qu’être un leader ?
Qu’est-ce que c’est qu’être un grand leader ?
Qu’est-ce que c’est qu’être un grand leader en entreprise ?
Et enfin, qu’est-ce que c’est qu’être un grand leader en entreprise sociale et solidaire ?

Claire Ross Dunn, Fellow, School for Social Entrepreneurs Ontario
Claire Ross Dunn

La promotion 2014 du SSEO (School for Social Entrepreneurs Ontario/École pour Entrepreneurs Sociaux Ontario) a eu l’opportunité d’explorer ces questions intéressantes pendant les 3 jours de travail intensifs passés avec le playground, organisme innovant de formation, fondé en France.
le playground est né à Paris de l’imagination de Lourdes Gutierrez et Marco Frediani qui donnent des formations de leadership, de développement d’entreprise et de « provocation au changement », aux individuels comme aux groupes. C’est dans cette optique que Lourdes et Marco sont venus à Toronto pour travailler avec des leaders de l’entrepreneuriat social d’aujourd’hui et de demain.

Selon le SSEO, une entreprise sociale et solidaire est une organisation – caritative, coopérative, à but lucratif ou non-lucratif – qui a pour objectif premier l’amélioration de notre société. C’est pourquoi une entreprise sociale et solidaire a besoin d’un leader d’un genre particulier : un leader qui ne recherche pas le profit avant tout mais quelque chose de plus profond, plus positif et plus grand.

Beaucoup de sociétés développent d’abord leur entreprise avant de se préoccuper de rendre à la société ce qu’elle leur a donné, à travers la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE). Pourtant une branche de l’entreprise peut ignorer ce que fait l’autre. Un ordre peut être en contradiction avec un autre. Les actions de la maison-mère peuvent augmenter les dividendes et le RSE soigner l’image de marque de l’entreprise, mais beaucoup (des personnes, des enfants, l’environnement, les conditions de travail) sont victimes de ce fonctionnement.
Une entreprise sociale et solidaire propose quelque chose de différent. Le « tout » est soigneusement conçu et réfléchi avec 3 objectifs essentiels mesurables et transparents : les personnes, la planète, la rentabilité. C’est un scénario gagnant-gagnant-gagnant, pas uniquement pour les actionnaires mais pour tout le monde.
Comme le modèle économique de l’entrepreneuriat social et solidaire prend en compte le « tout », la personne qui dirige une telle entreprise doit aussi prendre en compte le tout. Qu’est-ce que cela veut dire ?
C’est la question que le SSEO et le playground ont exploré, sous l’angle du leadership, tout au long des 3 jours, à travers des discussions de groupe, du brainstorming, des exercices et, oui, …de l’amusement aussi. Nos découvertes ont été profondes et sources de concrétisations et d’inspirations.
Nous sommes un groupe de 20 membres de 20 entreprises sociales et solidaires très différentes, dans les domaines de la santé, du bien-être, de l’environnement, de la jeunesse, de l’art, de l’éducation, du commerce en ligne, du multiculturalisme, et du bénévolat. Nous sommes aussi 20 personnes d’âge, de milieu et d’horizons très différents. Mais nous partageons une ambition commune : ne pas travailler seulement pour nous-mêmes, mais pour le plus grand bien de tous.
Pendant que nous étions avec le playground, nous avons tous fait des découvertes capitales pour le développement de nos entreprises et pour le nôtre, personnellement. Nous avons également appris de nos découvertes réciproques.
Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai obtenu un diplôme d’une école de théâtre dans les années 80. Ces dernières 17 années, j’ai gagné ma vie comme scénariste pour le cinéma et la télévision. Depuis 9 ans, je conduis aussi un programme de bienfaisance : Cuppa Change, où nous récoltons de l’argent pour du développement local et international, en vendant du café issu du commerce équitable. Aujourd’hui, je m’aventure dans ce monde inconnu des start-ups et des plateformes digitales.
Ce weekend, j’ai réalisé que toutes ces parties de moi étaient connectées – et précieuses – pour ma nouvelle entreprise.
Mon entreprise, c’est moi. Mes valeurs sont celles sur lesquelles je construis mon entreprise. Je la dirige avec tout ce que je suis : ma conscience du monde, ma vision d’un avenir meilleur, ma posture de leader ; j’aide donc non seulement les personnes qui travaillent entre les 4 murs de mon entreprise mais aussi les personnes qui se trouvent en dehors de ces quatre murs.
Je ne mets pas seulement ma tête dans mon affaire, mais aussi mon cœur. Oui, je sais élaborer un business plan, faire une étude de marché, trouver des financements, et développer un prototype, mais je sais aussi utiliser mes plus grandes qualités personnelles – qui sont l’empathie, la compassion et la créativité – pour faire avancer mon activité et progresser les autres.
Un leader qui sait marier ces qualités – celles de la tête et du cœur – peut passer de débutant à averti. Un leader qui sait marier ces qualités a le courage d’être un acteur du changement, maintenant et dans le futur.
Albert Einstein a dit : « Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes par le même niveau de conscience qui les a engendrés ». le playground nous a aidé, moi et les 19 autres membres de SSEO, à changer de niveau de conscience.
Maintenant, c’est à nous de passer à l’action.

SSEO - School for Social Entrepreneurs Ontario 2014 Cohort
2014 Cohort – School for Social Entrepreneurs Ontario<br />Photo: Seyed M. Tabaie